AMOCO CADIZ : LA MARÉE NOIRE

Le pétrolier libérien, tombé en panne de gouvernail le matin du 16 mars 1978, à 9 h 45, au nord d`Ouessant (29), après un retard provoqué par des tergiversations avec les assureurs, fait l`objet d`une tentative de remorquage avec le remorqueur allemand Pacific. Le vent plein ouest de force 8 à 10, fait dériver les deux navires vers le continent. À 16 h 18, la remorque casse. Après plusieurs tentatives, une seconde remorque est passée. C`est trop tard. Dans la tempête, à 22 h, le pétrolier de 334 m s`échoue sur les rochers de Portsall. Une heure plus tard, les 43 membres d`équipage sont hélitreuillés. Plusieurs citernes s`étant déchirées, le pétrole envahit la côte. Commence pour les Bretons, la plus grande catastrophe écologique de son histoire.

En quinze jours, les 227.000 tonnes vomies par l`Amoco souillent 340 kilomètres de littoral jusqu`en baie de Saint-Brieuc. Sept mille bénévoles et autant de militaires vont nettoyer à la main, au jet à haute pression, rochers et plages durant des semaines. Bilan : 40.000 oiseaux morts, 6.400 tonnes d`huîtres détruites, 1.300 pêcheurs, de Brest à Paimpol, à terre, des conséquences incalculables sur l`estran, une saison touristique anéantie. Le gouvernement met en place un nouveau plan Polmar (lutte contre les pollutions marines accidentelles). Un nouveau rail de navigation, pour séparer navires montants ou descendants, ou transportant des produits dangereux, est créé. On affecte à Brest deux puissants remorqueurs de haute mer – les Abeilles -, prêts à intervenir 24 heures sur 24.